...des frontières

...des frontières
Nouveauté à lire impérativement: excellent ouvrage sur Romain Gary fait par l'un des ses meilleurs interprètes: Jean-François Hangouët
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 04:27

Modifié le dimanche 30 septembre 2007 09:57

HALT SUNT LI PUIS...

HALT SUNT LI PUIS...
HALT SUNT LI PUIS
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 03:46

...I TENEBRUS LI VALS

...I TENEBRUS LI VALS
...I TENEBRUS LI VALS
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 03:45

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 04:22

du soleil d'austerlitz

du soleil d'austerlitz
Le deux décembre 1980, Romain Gary s?éteignait. Il ne brûlait plus . Il tirait un trait, laissant derrière lui en veilleuse des braises tièdes. Au moment du choix ultime, n?aurait-il pas voulu nous adresser un dernier message symbolique et codé, s?ajoutant à l?explicite de son testament littéraire « Vie et mort d?Emile Ajar » ? S?il souhaitait ne pas rater sa mort, il aurait pu soigneusement préparer tous les aspects de son départ, et en premier lieu le jour du voyage, avant même le moyen de transport. Car une date peut être l?élément décisif d?un message, message de grandeur ironique comme de spiritualité retenue.
À tout le moins, se poser la question sans prétendre y répondre catégoriquement, participe aussi de la démarche ouverte et curieuse de Gary, où s?entremêlaient goût du mystère et appel à l?imagination du fidèle lecteur.


Noblesse et Grandeur.
Telle pourrait être une partie du message, préparé de longue date, minutieusement décrit a contrario dès 1962, dans « Noblesse et grandeur », une des nouvelles exposées dans « Les oiseaux vont mourir au Pérou ». Gary excellait aussi dans la nouvelle, ce genre si peu apprécié en France mais adulé en Russie depuis Tchekhov et Tourgueniev. À de nombreux égards, ses romans sont de grandes et bonnes nouvelles. Ces nouvelles sont à la fois prémonitions et avertissements. Dans « Noblesse et grandeur », il nous démontre les mécanismes d?une fin ratée, l?anti-fin, la mort stupide et inutile, celle qu?il ne souhaite à personne, à lui encore moins qu?à d?autres.
Aux derniers moments du régime Antonescu en Roumanie, le soldat allemand Kopfff, bègue et fanatique, est retranché avec deux brutes roumaines collaboratrices. Il imagine son « Götterdämmerung ». Il pressent sa fin, qu?il veut avec « allure et panache ». « Il a rendez-vous, il est pressé d?y courir. Là-bas, l?attends sa belle victoire ou sa belle mort ! » Il est abattu dans le dos par les sbires collaborateurs. « Il rate ce rendez-vous. Il le rate de façon lamentable? Il ne se rend pas compte que sa fin n?est pas tout à fait celle qu?il avait désirée. Elle manque essentiellement de grandeur. » « En somme, conclut Gary avec un humour grinçant, il est mort en queue-de-poisson ».
Mourir en queue-de-poisson était de toute évidence ce que Gary refusait ; tout comme une noblesse rigide, artificielle et compassée, s?opposant à une grandeur ironique.


La promesse du soleil d?Austerlitz.
Or une date pouvait lui permettre d?atteindre ce triple objectif : éviter une mort en queue-de-poisson, esquiver la noblesse grandiloquente, rappeler avec éclat cette grandeur ironique . Cette date, c?était la bataille des trois empereurs, le deux décembre 1805, la victoire d?Austerlitz. Se peut-il que Gary ait oublié cet anniversaire, alors qu?il préparait sa propre bataille, sa promesse de l?aube ? Il est permis d?en douter, connaissant son intérêt pour l?histoire et la culture européennes. Son compagnonnage durant les années de guerre avec des officiers fantassins, même si lui était aviateur, avait dû lui rappeler avec force. Le « 2 S » était en effet aussi fêté à Londres par les Forces Françaises Libres.
N?oublions pas en outre que Gary est né un 8 mai, dans le calendier julien en cours à cette époque et en ce lieu. Cela aurait dû correspondre au 21 mai dans notre calendrier grégorien. Or, par un tour de passe-passe révélateur, il a pu garder cette date dans la transription grégorienne. Nous sommes donc en droit d?affirmer qu?il a « choisi » de naître un 8 mai. Le 8 mai 1914, qui n?était sans doutepas encore date de commémoration lors de sa naissance, était depuis trente-cinq ans le jour de la Victoire au moment de sa mort. Un souci facétieux de symétrie aurait pu alors inspirer un esprit empreint de logique, passionné par les échecs, mettant en valeur les jeux de carte, rigoureux dans ses mises en scène autour de deux dates voulues. Au 8 mai aurait répondu le 2 décembre, en écho direct à peine affaibli par les décennies. Le jeune Empereur encore républicain rejoint le Général rebelle couronné de lauriers. Le Triomphe épouse la Libération. La démonstration serait alors parfaite : La mort, comme la naissance, est une Victoire.
Que cette date soit polyvalente dans l?histoire n?aurait pas dû être enfin pour déplaire à Gary, en introduisant des éléments d?ambiguïté, en rendant la leçon moins facilement lisible, en proposant d?autres clés. Ces ambiguités dans l?interprétation pourraient expliquer que des biographes, des proches, aient voulu soustraire Gary à son obsession des chiffres et des signes, le rendre à la cohérence interne de l'acte ultime en reculant d?un jour son décés. Le 2 décembre est en effet aussi le jour du sacre en 1804, le jour de changement de régime, l?enterrement symbolique de la Révolution dans les pompes et les fastes d?une noblesse d?empire naissante. C?est aussi un jour de coup d?Etat, en 1851, suscitant l?ire de Victor Hugo et les déchaînements de Marx sur Napoléon le Petit et son 18 brumaire. Ce coup d?Etat est enfin suivi un an plus tard, le 2 décembre 1852 par la proclamation du Second Empire. Gary, doutant de sa place dans l?histoire littéraire, revendiquerait alors Badinguet, par autodérision et par suprême habileté de l?humilité proclamée. Ou Ajar, neveu de Gary, retrouverait Louis Napoléon, neveu de l?Empereur ?
Alors, le deux décembre, hasard, Ajar ?...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 03:36

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 04:22

de la noblesse ou de la grandeur?

de la noblesse ou de la grandeur?
...Alors, le deux décembre, hasard, Ajar ?

La vie en dessous de soi.
Sur la tombe de Jean Seberg, au cimetière Montparnasse, ne figurent que ses années de naissance et de mort, sans précisions sur les jours et mois. Ils n'ont pas d'importance. Ils n'ont pas été choisis. L'actrice s'est suicidée par désespoir, lassitude, fatigue, presque par passivité. Moins jeune, Romain Gary aurait eu le temps et la volonté de préparer, un an après, une fin qui n'aurait pas été d'impulsion. Une mise en scène et un message. La mise en scène intégrerait, on l'a perçu, une date d'ouverture et de fermeture, une première et un final. Choisir la date de sa mort est bien la définition du suicide actif. Le message, les éléments précédents le laissent à penser, aurait alors été de grandeur ironique, de victoire libératrice, mais aussi de dérision salvatrice. Un nouveau clin d'½il et un simple pied de nez ?
Manquerait pourtant à ce message d'adieu, de façon surprenante, une double dimension, culturelle et spirituelle, esthétique et éthique . Dans « pour Sganarelle », Gary insiste sur la filiation slave d?une oeuvre portée en outre par un humanisme généreux. Serait-il possible de retrouver ces éléments dans l'environnement de sa fin, dans la symbolique orchestrée de sa mort. Le risque de sombrer dans la pure spéculation intuitive est grand. Mais Romain Gary nous a habitué à de tels jeux, où logique et imagination s'enchevêtrent. Il nous a invité, notamment dans Europa, à partager avec lui ses charades oniriques, à nous avancer dans ses labyrinthes d'apparence, à jouer sur la diagonale du fou. Où se trouverait alors la clé ?...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 03:32

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 04:12