du maître...

du maître...
Je signe le Maître, le blanc de la garde, isolé, dépouillé. Affamé par les «oeufs fatidiques » qui me craignent et m'envient. J'aime les chats noirs beaux parleurs et les chiens blancs. Les chiens ont du coeur. Je les dresse et les redresse. Je leur donne en vain de l'humain, trop d'humain, et le leur retire donc. Je dédaigne la Maison des Scribes, où les talents des Sganarelle mûrissent comme des ananas dans une serre. J'écris sur les derniers jours du poète, celui de Danthès. Je rencontre un assesseur culturel, Berlioz, un autre poète, Ivan, qui ne croient pas à Ponce Pilate, ce Romain d'Israël. L'un termine sous les roues d'une troïka mécanique, l'autre dans un asile...
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# Posté le samedi 30 juin 2007 09:10

...et de la marguerite

...et de la marguerite
...J'aime Marguerite et l'abandonne donc. Elle rajeunit, me retrouve avec l'aide de Woland, et me libère. « Je me mets à raisonner sagement. Je n'ai plus l'idée de la chasser. Et ma mémoire inquiète, percée de mille aiguilles, commence à s'éteindre. Et la femme s'éloigne, s'éloigne et s'en va avec son compagnon vers la lune ; alors la lune se déchaîne, frénétique. Elle déverse un torrent de lumière sur Ivan, elle projette des gouttes de luminosité dans toutes les directions » Vrai clair de femme...
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# Posté le samedi 30 juin 2007 09:08

du vol de l'envolée

du vol de l'envolée
...Fuyez-les comme impostures, comme boursouflures compassées.
L'envolée, c'est le vol ! ...















le printemps à Prague
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# Posté le vendredi 29 juin 2007 15:58

Modifié le samedi 30 juin 2007 03:17

de la treizième

de la treizième
Cela faisait vingt ans exactement que Diane l'avait quitté. Le déchirement avait progressivement fait place à l'amertume coupable, au regret puis à la résignation. Il la voyait parfois, avec Aimé, chez des amis. Quinze jours auparavant, il avait eu l'illusion de la sérénité et lui avait proposé la franche amitié. Il lui avait renvoyé l '« Adieu » de Pouchkine qu'elle avait glissé dans sa poche deux décennies auparavant. Il l'avait accompagné d'un poème de Nerval. Il l'avait recopié de sa main, en en soulignant le titre , « Artémis » :

« La treizième revient?C'est encore la première ;
Et c'est toujours la Seule -ou c'est le seul moment ;
Car es-tu Reine, ô toi ! la première ou la dernière ?
Es-tu Roi, toi le Seul ou le dernier amant ?

Celle que j'aimais seul m'aime encore tendrement :
C'est la Mort- ou la Morte? Ô délice ! ô tourment ! »

Lui avait elle répondu par téléphone ou dans ses rêves qu'elle viendrait le voir sous peu ? Il attendait, l'esprit confus.

Comme hypnotisé, halluciné, aspiré par les gravures, il les voyait maintenant s'animer, se rapprocher, se fondre : Pouchkine entrait dans la forêt avec son témoin bossu. Le patriarche sortait de la maison de la comtesse Strogonoff, accompagné de Mercure. L'enfant et son père devisaient avec Adonis et Eros sur la terrasse du Palais de France. Un hussard polonais était appuyé sur sa lourde lance et lui tournait le dos.
Il avait compris depuis longtemps le sens du tableau manquant, la signification de l'image à contresens : Artémis, Arthemise, Cybèle, Diana, Diane, abandonnée, poursuivie sans espoir et poursuivant son destin, irrattrapable et dépassée, allant à contre-courant dans un monde stérile, stérile comme les rochers sur lesquels la profonde forêt débouchait. Comme le lansquenet, elle tourne le dos à un monde d'illusions ; Diane, d'abord soumise à Eros, puis conduite dans les bras du mortel Aimé, Diane la vierge féconde et fidèle, mère de Sophie et d'Irène ; Diane, protectrice des enfants et de Michel, son enfant qui l'appelait dans le noir en désignant son père au Commandeur ; Diane à qui Hermès envoie les messages du Patriarche, ses messages, en vain ; Diane trahie, qui l'entraîne maintenant vers les ténèbres.
Il en avait bien compris le sens. Mais il venait seulement de comprendre qu'il ne possèderait jamais cette gravure manquante.

hiver de Prague: la statue du Commandeur

# Posté le samedi 23 juin 2007 15:43

Modifié le samedi 30 juin 2007 03:19

du masculin

du masculin
...Toutes les classes, tous les genres, pourvu qu'il fussent masculins, s'y retrouvaient. Car le vestiaire était aussi le révélateur de l 'un de plus grand mystères de la vie. Il était l'un des derniers lieux non mixtes, propice aux rêveries et méditations, aux délicats fantasmes masculins et interrogations fondamentales sur les rapports entre sexes. La pruderie mâle, sa pudibonderie proche du puritanisme, sa pudeur innée est bien connue. Il n'y a donc pas lieu ici de révéler à un lectorat également féminin les détails de conversations sacrées et secrètes, à peine chuchotées dans la pénombre des portes de zinc rouillées entr'ouvertes sur des casiers vides...
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# Posté le dimanche 17 juin 2007 02:23